Souffle Mots

L’exode

3rd août 2021

L’exode

Salut à tous !

Voici un petit poème écrit dans le train, entre Paris et Montpellier le 19 mars 2021 précisément.
En espérant vous retranscrire cette ambiance !
Bye et bonne lecture !
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L’exode

Je me souviens de la chaude tuyauterie des moteurs
Qui roulaient à pleine vitesse,
Quand on traversait la France dans un demi sommeil
Et que dehors tombait la neige.
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Lovés dans nos manteaux,
Coincés sous les bagages,
Nous laissions s’égrainer le paysage
Pendant que le temps cotonneux défilait sous nos pas.
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Depuis longtemps les vitres n’avaient pas été lavées
Marquées des souvenirs des tempêtes passées.
Après le pont, derrière les vallons,
Perdus dans cette fuite en avant.
Contre le temps.
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Enfoncés dans nos fauteuils, dans nos rêves
Les flocons laissent place aux doux rayons de soleil.
Sur les quais des noms surgissent, qu’on ne visitera jamais
Pas plus que ces âmes assisent à nos côtés.
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On s’installe, on s’étale.
Un casque, un livre, un oreiller,
Quelques odeurs de nourriture
Comme un arrière goût de nature.
Qui sait combien de temps le voyage peut durer ?
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Premier arrêt, le train ralentit.
Après un tunnel sous la montagne
Un fleuve sinue sous nos yeux éblouis.
Quelques vies s’égarent
Quand d’autres nous rejoignent.
Puis le train repart.
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Ballotés en silence par les rails,
Il flotte dans l’air une envie d’ailleurs,
Un besoin de vivre surplombant la peur.
Comme si l’arrivée signera le terme de la bataille.
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C’était l’exode.
Entre la honte et l’aliénation,
Grimés sous nos masque de chiffon,
Se cachant comme des déserteurs,
On voulait respirer
Quand d’autres étouffaient.
Il ne restait plus que quelques heures.
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22nd novembre 2020

Il est cinq heures

Salut à tous !

Voici un petit poème écrit beaucoup trop tôt un matin en partant au boulot. Une petite revendication politique de temps en temps, ça ne fait pas de mal !

Le dessin réalisé par moi même vient de l’Inktober 2020.

Bye et bonne lecture !

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Il est cinq heures

Une fine bruine tombe sur Paris,
Figée sous les lampadaires endormis.
Pas de vie, pas de bruit,
Seul le pain tout juste cuit,
Tandis que dans le métro somnambule
Le moteur ronfle et la sonnerie hulule.
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Blottis sur les sièges quelques âmes
Les yeux mi clos reprennent leur voyage,
Arrachés trop tôt à la tiédeur des rêves
Le cœur en sursaut lorsque la bulle crève.
Ils ont laissés derrière eux les dormeurs,
Ignorants que la vie n’a pas d’heure.
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Et lorsque les nuages apparaîtront
Gorgés d’un sombre gris béton,
Nous serons déjà loin
Enfermés dans des vitrines, des bureaux, des usines,
A regarder clignoter des points
A taper sur des machines
En rêvant de partir.
Peut-être demain.
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Alors dans un acte de haute rébellion,
Je prendrai mon stylo, ma plume, mon crayon,
Défiant la productivité pour un peu d’imaginaire.
Et si on demande la réfractaire,
D’un sourire j’affirme et je signe,
Pour gueuler entre ces lignes
Que Paris a sommeil.
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27th août 2020

Vue du Ciel

Bonjour  à tous !

Un soir je regardais par la fenêtre et j’ai eu envie d’écrire un poème. Faut pas chercher, ça arrive parfois, des vers qui surgissent sans crier gare !

J’espère que ce poème vous plaira.

Bye et bonne lecture.

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Vue du Ciel

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Sourds les nuages qui hurlent
Le passé fuyant, enfumé.
Aveugle l’orage qui brûle,
Des oiseaux de cendres tombent en nuée.
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La blanche fumée enfle, écrase le ciel.
Et si jamais il a existé,
Balaie le jour dans un souffle éternel.
A jamais dans la postérité.
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De tôles, et d’acier, bris de vie éparpillés,
L’eau s’engouffre d’où le sang s’est échappé,
Et tous se demandent comment l’histoire a dérapé.
Le ciel était bleu avant d’être torpillé.
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Après la nuit vint le couchant,
Les nuages s’envolent, squelettiques.
Incapable de dormir sur le port marchand,
Le Soleil cherche son lit, fatidique.
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Peu après 18 heures, ce 4 août,
Il ne reste rien de Beyrouth.

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7th novembre 2019

Cosmologie d’une Histoire

Bonjour à tous,

La suite du cercle Artistique (que j’avais oublié de poster ^^). Le thème était : Départ.

L’image est un dessin de ma part réalisé durant Inktober.

Bye et bonne lecture !

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Cosmologie d’une Histoire

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Au départ il n’y avait rien.

Ou plutôt il y avait tout :

Le début et la fin,

Condensés en un point,

L’infini dans la plume du fou,

L’éternité suspendue au doute.

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Avant le premier mot, le premier cri,

Précédant la mort, anticipant la vie,

Devançant la lumière d’une seconde,

Pour créer le temps à la lueur de l’ombre :

Primitive, primordiale, la goutte

D’encre.

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Dans les souvenirs oubliés, je revois sa chute

Empreindre l’espace d’élans d’émotion brute.

C’est l’inflation, l’expansion d’une Histoire,

De lettres agrégées en mots, en phrases,

De protons, d’électrons puis de trous noirs.

Et tout autour le vide nous écrase.

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Le départ n’est qu’illusion pour oublier

L’avant. La fin un prétexte, un faux-fuyant,

Un mur à l’horizon dressé devant l’après.

Ignorant le dénouement, j’écris,

Pour comprendre l’Univers, je vis.

On ne voit que la lumière.

J’attends l’obscurité.

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2nd avril 2019

Roue-âme

Salut à tous !

Avec des amis on a recréé en quelque sorte le « Cercle des Poètes disparus » ou disons plutôt « le Cercle des Artistes disparus » car notre objectif est d’accueillir toutes les formes d’art. On se donne ainsi un thème et c’est parti ! A vos marques, prêt, feu ! Imaginez !

Puis il s’agit de retrouver qui est à l’origine de quel texte. Et parfois…on croit savoir que l’on se trompe ;-)

Alors aujourd’hui je vous présente le texte que j’ai écrit pour la première édition du Cercle des Artistes. Le thème était…Rouage !

L’image à la fin est issue du musée d’Orsay.

Bye et bonne lecture.

PS : n’hésitez pas à cliquer sur l’image pour l’agrandir et lire directement dessus…là était tout le but !

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Cercle extérieur (début en haut au milieu) : “Et si c’était toi ? Qui murmure parfois qui hurle. Ce regard sur le monde, cette lueur de vérité aussitôt partie en fumée. Et si c’était toi ? Cette peur de l’au-delà, ce mécanisme bien huilé qui ne veut pas s’arrêter. Parait que morte tu vis encore.”

Créneaux du cercle extérieur : “En es-tu bien sure ? Tu sais que tout ceci n’est que poussière dans notre tête. Nos yeux fermés tout est noir et pourtant je rêve de toutes les couleurs dansant à la frontière de l’éternel réveil. Demain viendra l’aube que nous aurons imaginé, iréelle et insensée. Tout comme ces mots que nous avons posés. Et au seuil de la mort nous saurons peut-être alors qui je suis.”

Lignes entre cercle extérieur et intérieur : “Ose regarder, Essaie de comprendre, pauvre mortel, démêle les fils de l’iréel, enfonce toi toujours plus loin, doute de tout. Du rien.”

Cercle intérieur : “Je n’existe pas. Je suis ce trou en toi, lacune de la science, vieille réminiscence d’une peur séculaire, n’être que poussière. Tout tourne en toi, chavire en moi. Vertige”

Créneaux du cercle intérieur : “Ne pars pas, attends moi. J’ai peur d’être seule avec moi même. Seule avec mon être. Dis, que devient tout notre monde à la fin ?”

Cercle intérieur marqué A : “Inspirer. Illusion. Expirer. Confusion. Asphyxier les questions. Oublier.”

Cercle intérieur marqué M : “Je vis la mort. Je rêve l’éveil. Savoir.”

Cercle intérieur marqué E : “On voit en noir et blanc. Tu es rouge sang.”

Cercle à l’intérieur du A marqué R : “Tic Tac Vie Tic Tac Cours Tic Fuis !”

Cercle à l’intérieur du A marqué O : “Six Cinq Quatre Trois Deux Un”

Cercle à l’intérieur du M marqué U : symboles mathématiques “pour tout / vide / il existe / différents / infinis”

Cercle à l’intérieur du E marqué E : “Nous tous moi toi”

Cercle à l’intérieur du R marqué ? : “Moi – Toi = … …

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5th août 2018

Trop plein

Salut !

Récemment, en me demandant mon avis pour un poème, un ami m’a dit « quand  tu sentiras de l’émotion, j’aurai réussi mon défi ».  L’émotion…tout un monde.

La première photo a été prise en Finlande lors des premières neiges et la seconde vient de l’Arctique.

Bye et bonne lecture !

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Trop plein

Sur la neige fondue des trottoirs piétinés,
Sous la chaleur accablante des jours abandonnés,
Face à la houle de ses yeux déchaînés,
D’un détail tu nais.
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Assise sur un canapé gris,
A la lumière solitaire d’une pièce à vivre,
Devant le mur vierge de l’avenir,
Je t’écris.
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Pour insuffler un peu de sens,
A tes silences, tes assonances.
De censures en évidences,
Comprendre ton errance.
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Va t’en, laisse moi en paix !
Tu croyais vraiment que je pouvais te porter ?
Une émotion de plus, une lettre, un gravier,
Et je vais me noyer.
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15th décembre 2017

Cauchemars

Salut !

Il y a une semaine, en rentrant du travail (et oui maintenant je ne suis plus étudiante alors que depuis que je tiens ce site je l’ai toujours été ! Il faut dire qu’en quelque sorte nous naissons étudiants. Enfin là n’est pas le sujet !) j’ai eu une idée de poème. Et surtout l’envie d’en écrire un. Cela faisait tellement longtemps…depuis l’été 2012….

Les photos ont été prise durant un voyage en Finlande il y a un mois.

J’espère que vous apprécierez ce nouveau poème sortie d’outre-tombe !

Bonnes fêtes et bonne lecture !

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Cauchemars

Dans nos rêves, rouge, un corbeau s’envole
Car la trêve n’est plus et les corps tombent.
Nus dans leur uniformes, face à la mort se frôlent,
Des Hommes. Le jour est d’ombres.
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Aux tréfonds de la nuit, le monde devient paradoxale :
Qui ne vit que pour mourir,
Dans un trou, criblé de balles ?
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Des cris et des ébats ; muets on se débat,
Pour un peu d’air et de lumière,
Rattraper un corbeau qui ne reviendra pas.
Il est parti pour demain et c’était hier.
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Nous nous réveillerons à ses côtés,
Transits et brûlants des effluves partagées,
Pour regarder l’heureux éveil
De celui qui ne rêve pas.
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20th février 2013

Croquis

Salut !

Je sais, cela fait longtemps, voir très longtemps que je n’ai pas posté, encore cette prépa ! Ce texte a été écrit en août et début septembre. Pour moi ce poème en prose correspond parfaitement au titre, un croquis, car j’ai tenté de mettre par écrit les images que j’avais dans ma tête. J’espère que cela vous plaira.

Les deux photos ont été prises lors de mes vacances en Bretagne l’été dernier (eh oui source de nombreuses photos !)

Bye et bonne lecture.

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Croquis

J’ai rêvé.
J’ai rêvé à un ciel couleur de rouille et à un océan de fer chauffé à blanc, tempête d’écume. j’ai griffonné dans mon esprit, image un peu floue, les contours tremblants d’une muraille plus longue que l’horizon pour percher ensuite sur les créneaux de la plus tour, la silhouette mouvante d’un enfant. Ses jambes se balancent doucement dans le vide, comme s’il battait la mesure, comme s’il comptait les secondes ou les battements de son cœur.
Je me souviens de son regard attentif posé sur ma bougie, cette petite veilleuse que j’ai allumé pour avoir moins peur de l’obscurité. Il observait la flamme comme on fixe le Soleil qui descend dans le ciel, quand on sait que la bougie va se consumer et couper ses longs cheveux dorés un peu rougi par les doux baisers d’été.
J’étais moi et j’étais ce rêve à la fois, ce monde à la frontière du réel naissant derrière mes paupières mi-closes. Il fallait que je garde un peu les yeux ouverts, juste assez pour laisser s’infiltrer quelques raies de lumière et attendre, avide, le contact brulant des étincelles sur mes pupilles couleur de neige ; comme le blanc papier attend la caresse de l’encre, sous corps ouvert à la nuit. Chaque goutte qui glisse éveille un frison. Flocon. Doucement je plonge ma main dans l’océan. Quelques remous l’agitent, papier froissé, puis le calme revient. Silence. petit à petit, comme imperceptiblement, l’eau tiédit autour de moi. Est-ce la chaleur de ma peau qui s’échappe en soupirs paisibles ou ma bougie qui sans bruit se noie dans les ténèbres de l’onde ?
La cire s’écoule dans l’océan et la flamme prend des allures de jeune femme à la longue robe blanche qui s’embrase sous le soleil couchant. Elle danse tandis que le vent se lève. Alors je couds de la dentelle à la surface de l’eau, tel l’aiguille de ma plume se joue de l’écume, tisse son tableau. Avec des mots.
Depuis qu’elle est apparue au fond de mes yeux son regard ne la quitte plus ; on dirait un oiseau qui a oublié comment déplier ses ailes à trop rester sur la berge, qui ne sait plus comment rejoindre le Soleil, un oisillon guettant le vide sous ses pieds. Peur de s’envoler.
Je l’imagine se lever, doucement, comme s’il risquait d’effrayer les étoiles qui se cachent encore derrière un ciel qu’on brûle, tendre la main à un songe, l’inviter, juste le temps d’une danse, d’un baiser et d’un levé de Lune. Il n’y a pas d’âge pour séduire les rêves.
Ses pieds valsent sur une muraille entre deux océans ; pour une flamme qui se meurt et enfante des astres ; pour cet espoir qu’il enlace, une main sur sa taille et l’autre dans ses cheveux enflammés ; pour ce rayon de lumière qu’il voudrait posséder comme un souvenir d’éternité ; comme le regard des femmes que l’on aime en secret.
Alors elle s’accroupit doucement, sa robe ondule et s’étire à la surface de l’eau. Elle s’accroupit comme pour embrasser un enfant qui réclame des histoires, comme on passe une main dans ses mèches folles, derniers remous ; comme on inspire profondément avant de souffler la bougie qui s’éteint sans bruit.
Mais l’enfant noie le silence, se raccroche aux astres. Il les saisit du bout des doigts puis les attire à lui, étoiles filantes ; il les cache sous l’horizon pour qu’elles le rassurent la nuit et alimentent sa palette de rêves aux couleurs d’encre.
Qu’importe si ce soir ce n’est qu’une ébauche de tableau : demain elle reviendra.

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