Souffle Mots

Lettre à un enfant

17th mai 2013

Lettre à un enfant

Salut !

Je viens enfin de finir les écrits de BCPST, quatre jours de répit et c’est reparti pour les révisions des oraux !

Entre temps je viens donc vous montrer un de mes derniers textes, écrits durant les vacances de Noël.  C’est celui dont je vous avais parlé dans l’article sur l’émission de radio. J’ai déjà songé à en faire une suite et avais commencé un moment avant de passer à autre chose. Si j’achève la suite bien sur je la joindrais. Mais pour l’instant ce texte se suffit à lui même.

Si vous avez des questions bien sur n’hésitez pas à les formuler, je serais ravie d’y répondre !

Bye et bonne lecture.

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Lettre à un enfant

«Pourquoi utilises-tu toujours le mot « plume » ? » quelqu’un m’a un jour demandé.

Sur le coup je n’avais pas su répondre, « ça sonne bien, me disais-je, c’est un peu moins moderne ». Faux. Mauvaise réponse. Quelque chose en moi n’était pas d’accord…ou plutôt quelqu’un : toi.

De tes petits doigts tu tiens le bout d’une plume et lisse son duvet. On dirait l’aile d’un oiseau frémissant avant son premier envol. Elle est grande, plus longue que ta main ; si longue que tu t’imagines chatouiller les étoiles avec, dessiner un sourire malicieux sur le visage ovale de la Lune et peut-être même oser caresser le firmament. Pour toi un vulgaire stylo de cours ne changera jamais la face du monde, si petit, si maladroit, il ne peut écrire qu’une rature en devenir.

Mais une plume ! C’est tout autre ! C’est une lueur au bout de tes doigts qui me laisse rêver que la magie existe encore. Grâce à elle j’ai dans le cœur un enchanteur.

Il y a quelques années tu as cessé de grandir et je t’ai vu t’éloigner comme les femmes de marins assistent, désemparées, au départ des navires sur des océans en colère. Petit à petit elles les regardent disparaître à l’horizon, point blanc qui s’éteint dans la nuit tandis que les astres prennent le relais et leur rappellent ces fragments de vie égarés aux quatre coins des mers, ces souvenirs d’enfance qui fondent et laissent sur la langue un goût amer.

Alors tu es là à me fixer, dans un petit cadre photo, sur le haut de la bibliothèque, sourire recroquevillé dans un étroit tiroir au allure d’alvéole où le nectar est extrait d’émotions. Le cœur comble le vide de passion.

Plus je te regarde et plus ton visage devient flou. Je ne distingue plus la couleur de tes yeux ni celle de tes cheveux. Dis moi petit, es-tu un Soleil ou une Lune ? Sur le tableau les couleurs se confondent et se mélangent.

De ton image rien n’est figé, contours émoussés d’une aurore qui disparaît ; tout n’est que mouvement perpétuel, éternité d’un battement d’aile. Pourtant je pourrais peindre chaque détail de ton sourire, chaque esquisse, chaque ébauche qui tous les jours me rappelle celui des anges que je n’ai pas connu mais qui veillent en moi, robustes comme les pavés d’une chaussée millénaire sur lesquels on s’appuie, ignorant de leur histoire.

Je lève ma plume. A quoi bon écrire ? Les mots ne viennent plus comme avant, brise qui s’essouffle. Ils choient goutte à goutte sur la terre brûlante d’un désert. Ébullition. Ils se croisent et s’entrechoquent en moi. Création. As-tu seulement conscience de la douleur de se rêver magicien quand on tient dans ses mains une baguette si fragile qu’à chaque phrase elle manque de se briser ? J’ai peur des virgules solitaires au allure de barbelés, des interrogations stériles qu’aucune réponse ne peut combler, de la disgrâce des mots qui sonnent faux et de la courbe un peu trop prononcée de ces lettres imprégnées de vérités.

« Passe moi une feuille Petit ; j’ai de l’encre aux coins des yeux. »

Alors j’écris et dans ce corps qui ne peut te répondre tu hurles en silence ton désir de liberté, tu hurles à briser les murailles qui t’encerclent, à enflammer la terre, tu cries ton refus de la société, ta haine et ta douleur à ces étoiles qui t’ont menti, tu cries et je t’enlace dans mes bras :

« Bien sûr que les fées existent, j’en héberge une tout au fond de moi. »

A cet instant où tu souris je t’aime, comme on aimerait un enfant qui dort, sans remord. Toutefois tes paupières sont toujours grandes ouvertes et tu me fixes : « Raconte moi une histoire. »

J’ai sommeil cependant je m’accroupis contre le mur, ce mur recouvert de tapisserie, si fin qu’un léger courant d’air s’infiltre et me fait frisonner. Tu es là en face de moi, tes genoux ramenés sur ta poitrine, juste en dessous de ton menton. Tu te balances d’avant en arrière, tic-tac mécanique de ma vie.

« Je ne sais pas parler petit, je ne sais qu’écrire, tu t’en souviens, c’est toi qui me l’a appris.

- Écris moi des histoires. »

Tu as peur. Légers tremblements. Ce soir je t’invente un monde, promis ; ce soir on s’enfuit à deux. Toutefois l’imagination a un prix : ne regarde pas mes doigts quand j’écris, j’ai dans la paume des éclats de verre.

Je ferme les yeux et me laisse bercer par ta lente respiration.

« Écoute le roulis des vagues, leur brusque ascension des rochers puis leur calme retraite. Cependant il n’y a ni embruns ni grève sur laquelle ils pourraient s’échouer. Il n’y a que le tourbillon des nuages qui s’écrasent contre les falaises comme des roulements de tambour précédant la tempête ; et au loin des éclairs. Non n’ai pas peur Petit, c’est notre monde, un monde rien qu’à nous. Regarde ce village complotant avec le ciel, à chacun de nos mots nous y déposons une pierre. Imagine ces petites maisons bien douillettes, les feux dans les cheminées et les volets colorés. Aux toits des chaumières sont suspendus des croissants de lune. Y a-t-il des fils ? Je ne les vois guère. Peut-être ceux de soie des araignées. Imagine des portes peintes à même les murs, des portes couleurs arc-en-ciel aux poignées rondes qu’il suffirait de faire pivoter pour changer de monde, pour changer d’histoire. Imagine… »

Mais tu dors déjà. Alors de mes mots je te tisse une couverture de rêves.

Certains croiront, ignorants, que tu es cet enfant que j’ai été il y a quelques années, que tu n’existes plus. Certains me diront de t’abandonner, de grandir, d’être adulte. Pourtant en chaque personne c’est toi que je cherche comme on guette avec espoir l’horizon et le retour des navires.

D’un petit coup de plume tu transperces les murailles. Tu es l’absence éternelle et cette présence continue à mes côtés, tu es de ces papillons que je regarde voler sans pouvoir les attraper. Si je touchais tes ailes je t’enchaînerais ; comme on enchaîne à des contes les fées.

Alors vole.

Vole comme les oisillons et les enfants. Du bout de tes ailes, du bout de notre plume.

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11th septembre 2011

Lettre

Salut !

Me voici donc à Paris depuis un peu plus d’une semaine, les heures de cours s’alignent, les devoirs et contrôles commencent à pointer le bout de leur nez tandis que l’échéance des « colles » approchent. Pendant toute la semaine je n’ai pas envie d’écrire, cela m’a étonné et un peu tracassé : si je dois m’arrêter d’écrire en prépa où va-t-on ! Mais ce matin de nouveau quelqu’un m’a chuchoté que je devais écrire. Je n’ai pas encore trouvé le temps mais nul doute que cela viendra. Je crois alors que le thème de ce post convient magnifiquement pour aujourd’hui.

Un soir en me couchant en juin, gardant les yeux ouvert quelques temps, j’ai eu l’illumination que je pourrai écrire une lettre à…ma muse ! Je me suis alors relevé pour l’écrire sur un bout de papier. J’ai écrit ce texte en pleine période de BAC. Le soir après les épreuves, expédiant les révisions des matières à venir, je me mettais à écrire.

L’image a été prise par Marine R. en Bretagne. Les muses au fond sont un peu comme des ombres, on ne peut les saisir mais elles ne nous quittent jamais.

Bye et bonne lecture.

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Lettre

le 1 juillet,

A ma muse,

Te souviens-tu de notre rencontre ? Quand je pense à toi tout se brouille. Dis- moi, j’avais quel âge lorsque tu as enfanté dans mon sein tes gouttes d’imagination, l’essence de ces émotions qui troublent mes sens ; j’avais quel âge quand je suis née ? Mes souvenirs sont partis en fumée, soufflés par le temps et la peur que ma mémoire ne les rattrape pour brandir ses secrets sur la feuille…ou peut-être est-ce moi qui crains la vérité ?

Aussi loin que je remonte tu as toujours été auprès de moi, m’observant , me guidant. A chaque tournant de ma vie tu m’as pris par la main, elle était douce ; tu m’as poussée en avant, trop brutalement. A chaque blessure infligée ton papier blanc était comme un bandage sur ma peau violée, un voile transparent devant mes yeux que brûlait la réalité. A chaque fois que je prends ma plume je pense à toi.

Petite je ne prêtais pas attention à tes signes, tes clins d’œil mais tes murmures à mon oreille nous liaient à jamais. Petite je m’étonnais certains jours de ne pas te voir, d’autres fois j’aurais voulu que tu ne viennes pas. Petite, peu m’importaient ces idées, ces pensées d’adultes que tu immisçais dans mon esprit. Petite je ne m’inquiétais pas d’aimer.

Je voudrais tenir à toi comme on tient à sa mère, vivre à tes côtés sans que tu prennes la mer, navire d’illicites sentiments, et me laisses seule sur la Terre. Emmène- moi jusqu’à la Lune que j’y plante la plume et y dessine à l’encre mes rêves d’enfant et d’aventures ! Nous n’avons tous qu’une seule mère, pourtant sans toi je me sens orpheline.

Et puis un jour j’ai senti ta présence plus vive, plus forte. Intense. C’est comme se rendre compte que depuis des années mes faits et gestes sont épiés, notés, enregistrés ; c’est réaliser que nous ne sommes pas maîtres de nous- mêmes et qu’il existe en nous quelque chose de suprême. J’ai commencé par te renier, te repousser, puis j’ai élevé un bouclier. Mes sentiments se sont embrasés, étoiles filantes dans l’obscurité. Ce jour- là, sans que je ne le lui aie intimé, mon cœur nous a présentées.

J’essaie de me souvenir de ton nom. Je n’y arrive pas. J’essaie de dessiner ton visage. Je dérape. Tu m’échappes. Tu es plus que des lettres alignées les unes derrière les autres, qu’une tâche d’encre, plus qu’un trait sur une toile, que des éclairs dans nos yeux. Tu es la brise qui gonfles ma voile, ces battements qui animent mon cœur, tu es l’imaginaire, l’impossible au bout des doigts, tu es l’envie d’aimer, la force de continuer, tu es le désir secret, cette part de moi que je ne peux renier, tu es l’absence qui déçoit, l’orage du désert. Tu n’es pas singulière…tu es plurielle. Tu es elles.

Doute. Hésitation. A quoi bon écrire si personne ne peut lire ? J’aime trop apercevoir des étoiles dans les regards, je veux signer des sourires sur les visages, je ne peux me passer de cette excitation chaque fois que je te propulse sur scène sous les projecteurs des critiques. Ma feuille est une colombe où le nuage de mes folies a laissé s’échouer quelques perles de ciel bleu. Muse, à quoi bon t’écrire si tu ne peux lire ? Je ne connais pas ton adresse.

J’ignore ton âge, ton nom, ton visage. Mais je suis sûre d’une chose : tu as les cheveux longs des femmes.

Il est tard, tout le monde est parti se coucher. Pourtant tu restes là à mes côtés. Tu m’empêches de dormir. Près de toi je ne sais qu’écrire et ressentir.

J’ai passé ces années à guetter un idéal, à te poursuivre inconsciemment. Mais a-t-on jamais enlacé la simple création de son esprit ? Je refuse de croire que tu n’es pas réelle. Laisse- moi t’offrir un corps, être humaine. Laisse- moi t’imaginer encore, sans gêne. Laisse- moi te voir dans ceux que j’aime pour qu’enfin je puisse te prendre dans mes bras. Tu sais, les feuilles se froissent dans nos mains d’écrivain.

Dans la vie tout n’est que réciproque, équivoque. On parle pour être entendu, on écrit pour être lu, on offre pour avoir reçu…alors pourquoi je t’aime tandis que je ne sais même pas si, au fond, tu existes vraiment ?

Tous les auteurs te cherchent et te convoitent. Ils n’acceptent jamais que tu partes, même un bref instant. Ils te veulent enchaîner à leurs lignes quadrillées? Ils s’élèvent contre ta blancheur, te couvrent de suie. Ils te veulent soumise quand soudain ils ont peur que l’échec ils n’essuient, ils proclament reine celle qui derrière les barreaux va périr et cette page vierge qui les tourmente, ils la violent avec prétention, assouvissant leur désir de possession. Et pourtant je les admire, eux qui savent te commander quand je ne parviens à t’amadouer. Je crois que tu es la liberté, ces oiseaux que l’on ne voit que l’été. Quand je serai grande avec toi je partirai. Je veux sentir de mes ailes l’ivresse du succès.

Et puis je t’aime et je te hais. Tu as volé mon enfance, tu m’as offert la différence. Je voudrais te défier sans coups de poings, dans le silence. Je voudrais te blesser d’émotions pour instaurer en toi le besoin de ma présence. Je ne veux pas être seule à t’aimer, à t’écrire. Je veux espérer plus qu’un sourire. Si tu savais…dans un seul baiser tu peux insuffler tout un avenir.

Muse, je peux tout inventer, tout ! Ériger des univers, enfanter la vie, consumer les sentiments pour tuer l’impossible. J’ai un poignard dans la main. Muse, sois mon complice ; aide moi à rêver, permets- moi de t’inventer. Sans toi tout n’est que monologue.

Il y a des jours où j’ai peur de ne plus savoir écrire, de régresser, de tout perdre, d’oublier qui je suis. Terreur de ne plus te voir. Ces jours là je pense à toi et toujours le même mot revient, rassurant : Passion.

A mes muses,
J’ai le rêve de connaître la renommée, l’espoir de changer les esprits, j’ai l’envie de vivre l’impossible, le désir d’écrire sans limite. J’ai besoin de vous.
Comme un mot ne peut suffire à créer un roman, un Homme seul ne peut tout faire changer. Comme une émotion peut éveiller l’inspiration, des Hommes unis par un même but peuvent instaurer la volonté d’un progrès.
Muses, semez l’imagination dans chaque esprit pour qu’un jour puisse enfin éclore le désir de liberté! Je vous laisse vous envoler.
Vous reviendrez, je le sais.

Je l’ai écrit.

Julie.

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8th mai 2011

Voyage en Irlande

Salut !

Une nouvelle catégorie vient d’être ouverte : Voyage en Irlande.

Elle sera courte mais j’espère qu’elle vous plaira.

Je vous présente alors la lettre ouverte qui m’a permis de partir en Irlande. Lorsque j’ai participé au concours je ne savais pas encore quel était le prix à la clé, personne ne le savait en fait. Vous pouvez vous doutez qu’il n’était pas nécessaire qu’il y eut un prix pour m’inciter à le faire.

Mais quel était le prix !! Un voyage en Irlande trois jours en délégation officielle avec S.A.S le Prince Albert II lors de sa visite d’état !

Nous avons été 18 jeunes de la Principauté à avoir la chance et l’honneur de partir là bas dans le but de faire une représentation devant le Prince, Charlène Wittstock, la Présidente d’Irlande et d’autres invités.

Vous pouvez vous douter combien nous étions stressé ! Certains de l’académie de musique  ont joués des morceaux traditionnels à la harpe, piano, flute…accompagné par un chant d’opéra, d’autres ont présenté des diaporama sur la littérature ou la peinture irlandaise tandis que cinq élèves dont moi même avons lu des extraits de nos lettres ouvertes.

Mais après le stress passé j’avais presque envie de retourner sur scène et de ressentir de nouveau l’adrénaline. Le soir nous étions au buffet organisé juste après la représentation.

Si vous avez des questions sur ce voyage et son déroulement, n’hésitez pas !

Lettre ouverte (français)

Lettre ouverte (anglais)

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16th janvier 2011

L’Arctique

Salut !

Aujourd’hui débute une nouvelle partie qui sera composée des différents textes en rapport avec l’Arctique.

Ils seront mis à jour comme d’habitude toutes les deux semaines environ mais dans une autre catégorie intitulée : Expédition en Arctique 2010.

Je vous ferai signe sur la page d’accueil chaque fois qu’il y aura un nouveau post !

1 – L’Arctique une biodiversité menacée ? (publié le 18 septembre 2010)

2- Âme d’Arctique (publié le 2 octobre 2010)

3- Journal de bord (1/3) (publié le 16 octobre 2010)

4- Tableau d’Arctique (publié le 30 octobre 2010)

5- Journal de bord (2/3) (publié le 9 novembre 2010)

6- Journal de bord (3/3) (publié le 5 décembre 2010)

7- Marée Noire (publié le 18 décembre 2010)

8- L’Arctique fond, on doit en payer l’addition (publié le 16 janvier 2011)

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