Souffle Mots

Cosmologie d’une Histoire

7th novembre 2019

Cosmologie d’une Histoire

Bonjour à tous,

La suite du cercle Artistique (que j’avais oublié de poster ^^). Le thème était : Départ.

L’image est un dessin de ma part réalisé durant Inktober.

Bye et bonne lecture !

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Cosmologie d’une Histoire

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Au départ il n’y avait rien.

Ou plutôt il y avait tout :

Le début et la fin,

Condensés en un point,

L’infini dans la plume du fou,

L’éternité suspendue au doute.

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Avant le premier mot, le premier cri,

Précédant la mort, anticipant la vie,

Devançant la lumière d’une seconde,

Pour créer le temps à la lueur de l’ombre :

Primitive, primordiale, la goutte

D’encre.

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Dans les souvenirs oubliés, je revois sa chute

Empreindre l’espace d’élans d’émotion brute.

C’est l’inflation, l’expansion d’une Histoire,

De lettres agrégées en mots, en phrases,

De protons, d’électrons puis de trous noirs.

Et tout autour le vide nous écrase.

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Le départ n’est qu’illusion pour oublier

L’avant. La fin un prétexte, un faux-fuyant,

Un mur à l’horizon dressé devant l’après.

Ignorant le dénouement, j’écris,

Pour comprendre l’Univers, je vis.

On ne voit que la lumière.

J’attends l’obscurité.

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2nd avril 2019

Roue-âme

Salut à tous !

Avec des amis on a recréé en quelque sorte le « Cercle des Poètes disparus » ou disons plutôt « le Cercle des Artistes disparus » car notre objectif est d’accueillir toutes les formes d’art. On se donne ainsi un thème et c’est parti ! A vos marques, prêt, feu ! Imaginez !

Puis il s’agit de retrouver qui est à l’origine de quel texte. Et parfois…on croit savoir que l’on se trompe ;-)

Alors aujourd’hui je vous présente le texte que j’ai écrit pour la première édition du Cercle des Artistes. Le thème était…Rouage !

L’image à la fin est issue du musée d’Orsay.

Bye et bonne lecture.

PS : n’hésitez pas à cliquer sur l’image pour l’agrandir et lire directement dessus…là était tout le but !

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Cercle extérieur (début en haut au milieu) : “Et si c’était toi ? Qui murmure parfois qui hurle. Ce regard sur le monde, cette lueur de vérité aussitôt partie en fumée. Et si c’était toi ? Cette peur de l’au-delà, ce mécanisme bien huilé qui ne veut pas s’arrêter. Parait que morte tu vis encore.”

Créneaux du cercle extérieur : “En es-tu bien sure ? Tu sais que tout ceci n’est que poussière dans notre tête. Nos yeux fermés tout est noir et pourtant je rêve de toutes les couleurs dansant à la frontière de l’éternel réveil. Demain viendra l’aube que nous aurons imaginé, iréelle et insensée. Tout comme ces mots que nous avons posés. Et au seuil de la mort nous saurons peut-être alors qui je suis.”

Lignes entre cercle extérieur et intérieur : “Ose regarder, Essaie de comprendre, pauvre mortel, démêle les fils de l’iréel, enfonce toi toujours plus loin, doute de tout. Du rien.”

Cercle intérieur : “Je n’existe pas. Je suis ce trou en toi, lacune de la science, vieille réminiscence d’une peur séculaire, n’être que poussière. Tout tourne en toi, chavire en moi. Vertige”

Créneaux du cercle intérieur : “Ne pars pas, attends moi. J’ai peur d’être seule avec moi même. Seule avec mon être. Dis, que devient tout notre monde à la fin ?”

Cercle intérieur marqué A : “Inspirer. Illusion. Expirer. Confusion. Asphyxier les questions. Oublier.”

Cercle intérieur marqué M : “Je vis la mort. Je rêve l’éveil. Savoir.”

Cercle intérieur marqué E : “On voit en noir et blanc. Tu es rouge sang.”

Cercle à l’intérieur du A marqué R : “Tic Tac Vie Tic Tac Cours Tic Fuis !”

Cercle à l’intérieur du A marqué O : “Six Cinq Quatre Trois Deux Un”

Cercle à l’intérieur du M marqué U : symboles mathématiques “pour tout / vide / il existe / différents / infinis”

Cercle à l’intérieur du E marqué E : “Nous tous moi toi”

Cercle à l’intérieur du R marqué ? : “Moi – Toi = … …

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5th août 2018

Trop plein

Salut !

Récemment, en me demandant mon avis pour un poème, un ami m’a dit « quand  tu sentiras de l’émotion, j’aurai réussi mon défi ».  L’émotion…tout un monde.

La première photo a été prise en Finlande lors des premières neiges et la seconde vient de l’Arctique.

Bye et bonne lecture !

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Trop plein

Sur la neige fondue des trottoirs piétinés,
Sous la chaleur accablante des jours abandonnés,
Face à la houle de ses yeux déchaînés,
D’un détail tu nais.
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Assise sur un canapé gris,
A la lumière solitaire d’une pièce à vivre,
Devant le mur vierge de l’avenir,
Je t’écris.
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Pour insuffler un peu de sens,
A tes silences, tes assonances.
De censures en évidences,
Comprendre ton errance.
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Va t’en, laisse moi en paix !
Tu croyais vraiment que je pouvais te porter ?
Une émotion de plus, une lettre, un gravier,
Et je vais me noyer.
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15th décembre 2017

Cauchemars

Salut !

Il y a une semaine, en rentrant du travail (et oui maintenant je ne suis plus étudiante alors que depuis que je tiens ce site je l’ai toujours été ! Il faut dire qu’en quelque sorte nous naissons étudiants. Enfin là n’est pas le sujet !) j’ai eu une idée de poème. Et surtout l’envie d’en écrire un. Cela faisait tellement longtemps…depuis l’été 2012….

Les photos ont été prise durant un voyage en Finlande il y a un mois.

J’espère que vous apprécierez ce nouveau poème sortie d’outre-tombe !

Bonnes fêtes et bonne lecture !

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Cauchemars

Dans nos rêves, rouge, un corbeau s’envole
Car la trêve n’est plus et les corps tombent.
Nus dans leur uniformes, face à la mort se frôlent,
Des Hommes. Le jour est d’ombres.
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Aux tréfonds de la nuit, le monde devient paradoxale :
Qui ne vit que pour mourir,
Dans un trou, criblé de balles ?
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Des cris et des ébats ; muets on se débat,
Pour un peu d’air et de lumière,
Rattraper un corbeau qui ne reviendra pas.
Il est parti pour demain et c’était hier.
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Nous nous réveillerons à ses côtés,
Transits et brûlants des effluves partagées,
Pour regarder l’heureux éveil
De celui qui ne rêve pas.
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20th février 2013

Croquis

Salut !

Je sais, cela fait longtemps, voir très longtemps que je n’ai pas posté, encore cette prépa ! Ce texte a été écrit en août et début septembre. Pour moi ce poème en prose correspond parfaitement au titre, un croquis, car j’ai tenté de mettre par écrit les images que j’avais dans ma tête. J’espère que cela vous plaira.

Les deux photos ont été prises lors de mes vacances en Bretagne l’été dernier (eh oui source de nombreuses photos !)

Bye et bonne lecture.

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Croquis

J’ai rêvé.
J’ai rêvé à un ciel couleur de rouille et à un océan de fer chauffé à blanc, tempête d’écume. j’ai griffonné dans mon esprit, image un peu floue, les contours tremblants d’une muraille plus longue que l’horizon pour percher ensuite sur les créneaux de la plus tour, la silhouette mouvante d’un enfant. Ses jambes se balancent doucement dans le vide, comme s’il battait la mesure, comme s’il comptait les secondes ou les battements de son cœur.
Je me souviens de son regard attentif posé sur ma bougie, cette petite veilleuse que j’ai allumé pour avoir moins peur de l’obscurité. Il observait la flamme comme on fixe le Soleil qui descend dans le ciel, quand on sait que la bougie va se consumer et couper ses longs cheveux dorés un peu rougi par les doux baisers d’été.
J’étais moi et j’étais ce rêve à la fois, ce monde à la frontière du réel naissant derrière mes paupières mi-closes. Il fallait que je garde un peu les yeux ouverts, juste assez pour laisser s’infiltrer quelques raies de lumière et attendre, avide, le contact brulant des étincelles sur mes pupilles couleur de neige ; comme le blanc papier attend la caresse de l’encre, sous corps ouvert à la nuit. Chaque goutte qui glisse éveille un frison. Flocon. Doucement je plonge ma main dans l’océan. Quelques remous l’agitent, papier froissé, puis le calme revient. Silence. petit à petit, comme imperceptiblement, l’eau tiédit autour de moi. Est-ce la chaleur de ma peau qui s’échappe en soupirs paisibles ou ma bougie qui sans bruit se noie dans les ténèbres de l’onde ?
La cire s’écoule dans l’océan et la flamme prend des allures de jeune femme à la longue robe blanche qui s’embrase sous le soleil couchant. Elle danse tandis que le vent se lève. Alors je couds de la dentelle à la surface de l’eau, tel l’aiguille de ma plume se joue de l’écume, tisse son tableau. Avec des mots.
Depuis qu’elle est apparue au fond de mes yeux son regard ne la quitte plus ; on dirait un oiseau qui a oublié comment déplier ses ailes à trop rester sur la berge, qui ne sait plus comment rejoindre le Soleil, un oisillon guettant le vide sous ses pieds. Peur de s’envoler.
Je l’imagine se lever, doucement, comme s’il risquait d’effrayer les étoiles qui se cachent encore derrière un ciel qu’on brûle, tendre la main à un songe, l’inviter, juste le temps d’une danse, d’un baiser et d’un levé de Lune. Il n’y a pas d’âge pour séduire les rêves.
Ses pieds valsent sur une muraille entre deux océans ; pour une flamme qui se meurt et enfante des astres ; pour cet espoir qu’il enlace, une main sur sa taille et l’autre dans ses cheveux enflammés ; pour ce rayon de lumière qu’il voudrait posséder comme un souvenir d’éternité ; comme le regard des femmes que l’on aime en secret.
Alors elle s’accroupit doucement, sa robe ondule et s’étire à la surface de l’eau. Elle s’accroupit comme pour embrasser un enfant qui réclame des histoires, comme on passe une main dans ses mèches folles, derniers remous ; comme on inspire profondément avant de souffler la bougie qui s’éteint sans bruit.
Mais l’enfant noie le silence, se raccroche aux astres. Il les saisit du bout des doigts puis les attire à lui, étoiles filantes ; il les cache sous l’horizon pour qu’elles le rassurent la nuit et alimentent sa palette de rêves aux couleurs d’encre.
Qu’importe si ce soir ce n’est qu’une ébauche de tableau : demain elle reviendra.

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2nd décembre 2012

Sur la route et sous la pluie

Salut !

Oui je sais je ne poste plus très souvent (et honte à moi j’ai un peu de mal à écrire). Disons que mon cerveau me dicte de dormir, ma raison de travailler et mon cœur n’est plus qu’un murmure.

Je vous présente toutefois aujourd’hui un texte, du style d’un poème en prose, écrit cet été lorsque j’étais en Bretagne chez une amie. Il pleuvait ce soir là (non non il fait beau en bretagne ! ^^) et sur la fenêtre inclinée…enfin je vous laisse lire le texte ;-)

Niveau photo je ne vais pas innover beaucoup, encore un coucher de soleil pris en Bretagne et des fleurs (je ne suis pas en bio pour rien) !

Bye et bonne lecture.

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Sur la route et sous la pluie

Les étoiles tombent sur ma vitre avec le bruit mat des gouttes de pluie, ces mêmes perles d’eau posées en équilibre entre deux horizons, entre ma main et le piano, l’air humide du matin et les pétales assoiffées, ce cristal de glace et la surface lisse d’un cours d’eau sur qui se referme le piège, tes lèvres entrouvertes et ma peau qui s’assèche, ce cristallin et mes paupières closes.
Je rêve à un ailleurs, perchée sur les épaules du temps. Insaisissable il ne m’atteint pas en ces secondes d’éternité où le paysage défile autour de moi comme dans les manèges de notre enfance. Rotation des cœurs et des corps, enivrante mélopée, dans tes bras je me laisse aller.
Comme dans un palais des glaces, à la lumière des astres suspendus aux carreaux de verre, tout se déforme. Et derrière la falaise abrupt de ce lac vertical je vois les néons des réverbères, leur lumière diffuse et vacillante tels des centaines de couchers de soleil sur la ville endormie.
Alors je m’imagine des galaxies peuplées de lampadaires et avec mon doigt, sur la vitre embuée, je dessine des constellations ; comme le sillon de pollen poursuivant le vol du papillon qui va d’étoile en étoile ; de fleur en fleur ; de rêve en rêve.
Et l’orage redouble, efface l’éphémère d’un revers de la main. Puis c’est l’attente, le regard dans le vide, le tic-tac mécanique des battants de l’horloge sur le cadran de ma vitre. Je ne vois plus l’heure et mon paysage revêt un masque. Rideau noir.
Puis c’est l’exil entre ces murs de tôle animés de secousses, je ne sens rien sur ma peau, ni l’étreinte du vent ni la morsure glacée de la pluie, ni ce froid incendiaire qui ravive mes désirs. Au prochain arrêt je m’enfuis la retrouver, cette vie délaissée, égarée sur le trottoir de mon cœur, invisible des passants, ce corps nu sous l’averse passagère enlaçant le tableau, cette nature étourdie dont les milles lèvres humides se posent sur la peau.
Instant de plaisir à travers ma fenêtre entrouverte.
Soudain la pluie s’arrête et nous avec. Fin du tonnerre. Mes pieds se posent sur l’herbe détrempée, un pas puis un autre ; il ne faut pas la brusquer. J’observe les gouttes d’eau suspendues aux feuilles comme ces enfants accrochés au sein de leur mère.
Pluie où est passé le tableau que tu enlaçais ? Sous mes yeux tout est noir et blanc. Il ne reste plus que quelques tâches de couleur éparses que la rosée emporte dans la rivière arc-en-ciel.

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3rd octobre 2012

Théâtre de mon âme

Salut !
Je me suis dit, lors de mon dernier commentaire, qu’il faudrait que je poste. Je suis de nouveau à Paris, et les concours se profilant dans 6 mois, le temps pour écrire ne m’est plus vraiment accordé.
J’espère toutefois me rattraper à la Toussaint !
Le texte (poème en prose) que je vous présente aujourd’hui a été écrit à la fin des cours l’année dernière, j’étais alors encore sur Paris. J’espère qu’il vous plaira.
La photo qui l’accompagne a été prise cet été lorsque j’étais en Bretagne chez une amie
Bye et bonne lecture.
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Théâtre de mon âme

Le vide au fond de mes yeux et la peur suspendue à mes paupières, comme les fils qu’on tire pour baisser le rideau. Et dans les coulisses, à l’ombre de la nuit, les astres montent le décor. Les étoiles filantes se substituent aux poutres tandis que j’attends, patiente, sous la lumière de la Lune.
J’observe ces ouvriers à la tâche, ces points de lumière qu’un voile diffuse, ces électrons qui s’entrechoquent, ces influx nerveux dans mon être, sursaut du regard avant le début de l’acte. Je m’apprête, m’enrobe de mystère et m’octroie la voix des cantatrices lorsqu’enfin je monte. Le rideau se lève derrière moi, je sens le vent frais dans mon cou, la caresse des nuits interdites. Elle approche, frisson. Pourtant je fais face au désert, à ces fauteuils tombés en poussières qui se mêlent aux dunes sous le soleil couchant, comme des pétales de roses déchues du ciel.
Soudain j’entends des battements de tambour autour de moi, le sable se soulève au rythme des pulsations et les collines dansent sous mon regard statique. Est-ce mon cœur le chef d’orchestre ? Je sens le pincement des violons.
Puis de faibles tractions au bout de mes mains attirent mon attention. Mes genoux tremblent. Je regarde au dessus de moi : j’ai des fils incrustés dans mes paumes et une goutte d’encre perle de la blessure. Elle tombe, roule sur la scène et vient se lover au creux des dunes. Bientôt il pleuvra des mots qui croiront encore pouvoir abreuver le désert.

Lentement je me mets en mouvement, mes bras se plient et se déploient gracieusement ; je me crois voler comme les oiseaux, mes pieds nus s’entrecroisent. Je sens la caresse du bois sur ma peau, et tout à coup tel un mirage je vois un goéland jouer avec les embruns du ciel du bout de son aile.
Enfant perdue au milieu de la nuit j’ouvre la bouche mais rien ne sort, juste le souffle du silence. Et tandis que mes lèvres cherchent les mots, happent le vide comme on embrasse la poussière, tentative désespérée de capturer un fragment d’air ; j’écris en asphyxie. Chacun de mes pas dépose sur la scène une fine trainée d’encre.
Au centre un fleuve apparait, le trait s’épaissit, gonflé d’orgueil par le cours de quelques affluents, quelques pensées passagères, papillons éphémères qui viendraient se poser sur les pétales d’une rose.
Je tourne, virevolte, telle une tempête de sable, je hurle sans bruit les mots que je trace, danseuse étourdie par la chaleur et la lumière des projecteurs. Dans la tourmente j’écris, je fais de mon corps une plume, de ma passion une encre indélébile ; mais seul l’écho me répond, en rime. Il joue les deuxièmes voix et alors tout devient duo. J’accélère la cadence, les lettres s’égrennent une à une, rythme fou d’une femme amoureuse de la scène.
Soudain je ressens dans mon dos comme la brulure d’une aiguille perçant ma peau. Je m’arrête un instant, dérape. Virgule gravée dans le bois tel un souvenir dans ma mémoire. Je poursuis, mal assurée, tandis que l’aiguille devient poignard et les dunes de rouille. La frénésie s’empare de moi alors que je remonte la rivière de mes mots comme on remonterait le temps, comme on vit à contre-courant.
Dans mon dos j’entends des rires, quelques étoiles qui s’éclipsent, les poutres deviennent translucides, immatérielles, et mon fleuve s’assèche. Je cours plus vite pour fuir la lumière du jour mais l’aube ondoyante me rattrape à l’image de ce rideau qui glisse sur mes pas.
Tout à coup je me retrouve au milieu de la scène et il ne reste plus devant moi qu’une étroite fenêtre d’obscurité dans cette prison de lumière, qu’une maigre dune qui me sourit.
Un jour je serai poème, j’offrirai mon être à ce désert, et de ma passion je puiserai des pluies d’été, juste assez pour faire fleurir des visages et peindre leur reflet dans d’immuables oasis.
Lentement l’écho se retire tel des applaudissements qui s’éteignent.
Je signe, révérence d’une plume.

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14th août 2012

Aquarelle

Salut !

Mes vacances se passent bien, chargées entre les révisions des cours et les sorties entres amis. Je ne vais pas dire que je n’ai pas le temps d’écrire mais disons que ces derniers mon rapport avec l’écriture est devenu un peu compliqué et je n’écris pas autant que je le voudrais. Toutefois j’ai réussi à faire un petit texte, tout petit mais qui me plait bien. Enfin je vous dis tout ça mais bien sûr ce n’est pas celui ci que je vous montre aujourd’hui ^^

Le poème que je vous présente a été écrit en février, durant les vacances. Au sujet de ce texte ma prof de français (toujours la même, celle de seconde !) trouvait l’expression « atelier de chimère » un peu obscure, toutefois je n’ai pas su par quoi la remplacer. Il faut dire qu’avec la prépa je n’ai pas eu le temps de beaucoup y réfléchir et maintenant j’ai l’impression que ce poème a été écrit par une autre personne que moi. En passant je la remercie beaucoup pour son aide et son soutien !!

Si vous avez des questions n’hésitez pas, ça me fait toujours plaisir de lire vos commentaires et de (tenter) de lever le voile sur certains vers.

Bye et bonne lecture !

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Aquarelle

Les ébats de la Lune investissent nos songes
Quand ils nous trouvent assoupis dans la prairie,
Une étoile filante, tes cheveux, un épis,
Comme entre mes lèvres une envie. Je m’y plonge.
Insomnie.

Puis mon regard tremble sous l’écho du désir
Qui s’étire et s’endort dans le creux des collines
Où le lit des rêves vient prendre racine
Espoir qu’avec la pluie ruissellent les soupirs
De la nuit.

Il y a ce goéland, l’emprise du vertige
Il tournoie tel l’enfant au fond de mes pupilles
Se pose sur les vagues, embruns noirs de mes cils
Pour combler le vide d’une nuit qui s’afflige
D’ivresse.

Et je peins par touche chaque instant sur ta peau
Comme l’impressionniste embrase le tableau
Dans son atelier de chimère, berceau
D’ombre et de lumière où s’enlacent les mots,
Ricochet d’un pinceau.

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