Souffle Mots

Sy’tème.

24th septembre 2009

Sy’tème.

posted in Contes, Récits |

Salut !

Pour sûr les cours ont bien repris…les contrôles s’alignent et le temps d’écriture diminue. Ces deux dernières semaines j’ai été obligée de fractionner un poème en de nombreux morceaux (chose que j’affectionne peu). Il y a quelques jours j’ai lu Messieurs les enfants de Daniel Pennac (un vrai rush pour le terminer avant la vague de devoirs) et ces derniers jours j’ai commencé Candide de Voltaire pour le français…c’est complètement différent.

Enfin, aujourd’hui je vous présente un récit proche du conte écrit cet été. C’est une idée que j’ai reprise de l’hiver précédent mais que cette fois-ci je suis arrivée à traiter tel que je le souhaitais.

Bye et bonne lecture.

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Sy’tème.

 

    Il y a des milliards d’années un Soleil naquit et il a des milliards d’années une petite planète tellurique vit le jour que l’on nomma Terre.

Leurs vies étaient vouées à se mêler, se rencontrer mais si c’était la volonté du destin ou le simple hasard, nul ne le sut et nul ne le saura jamais. Quoiqu’il en soit cette alliance n’arriva pas toute seule et fut orchestrée par deux êtres étranges : l’un s’appelait Nadiron, fils du Soleil et l’autre, fille de la Terre, portait le doux prénom d’Aïga.

Ces enfants du Ciel ressemblaient en de nombreux points aux Hommes que nous sommes aujourd’hui bien qu’étant plus grands et ayant de magnifiques yeux couleur d’or. Néanmoins ils n’étaient pas non plus tout à fait semblables aux humains car ils avaient au fond d’eux des sentiments que nul Homme ne pourrait comprendre. Ces êtres ne ressentaient pas la douleur et jamais ils n’avaient versé une seule larme mais ils ne connaissaient pas plus le bonheur et pas une fois leurs yeux n’avaient scintillé de joie.

 

     Un jour à une date très éloignée, Nadiron posa ses pieds nus sur le sol pierreux de la Terre mais à la pensée de la mission que le Soleil lui avait confié son cœur resta vierge de tout voile de tristesse.

La planète sur laquelle Nadiron venait d’arriver était extrêmement convoité par l’astre, son père. Il souhaitait en réalité l’asservir et la transformer en simple rocher sans vie. Il avait d’or et déjà par le biais de son fils réduit en esclave les autres planètes du Système et nul n’avait résisté au pouvoir de Nadiron; ni le géant, enfant de Jupiter, ni la beauté séductrice de la fille de Vénus.

Alors en ce jour, l’ordre qu’avait reçu Nadiron pour sa dernière mission était des plus clairs : Tuer Aïga, fille de la Terre.

Pour ce faire Nadiron n’avait pas d’armes, du moins pas celles que nous connaissons. Il disposait juste de ses mains et de son corps tout entier car, pour reprendre la vie, il lui suffisait de toucher et tout être serait réduit en cendre.

 

     Cependant les choses se déroulent rarement comme on l’espère la vie, ne tenant souvent qu’à une réaction chimique au fond de notre cœur, une étincelle ou à un coup de foudre…

Lorsque le regard de Nadiron plongea sans peur dans le lac d’or des yeux d’Aïga, soudain le monde bascula. Tandis que la jeune fille était éblouit par la force et l’éclat de l’étranger ce dernier découvrit la beauté de l’innocence et de la simplicité, il découvrit la vie et l’espoir tel qu’il ne l’avait jamais vu: Aïga et Nadiron découvrirent en chacun le bonheur et l’amour.

Alors, après que Nadiron ce fut approché d’Aïga il s’arrêta à quelques pas d’elle et déclara de sa puissante voix :

« Ne me touche surtout pas. »

Mais la jeune fille continua d’avancer jusqu’à n’être qu’à quelques centimètres de lui.

« Pourquoi ?

 - Embrasse moi simplement de ton regard. »

En cet instant le Soleil passait au zénith et au même moment une voix s’éleva dans le coeur de Nadiron surpassant le chant de l’amour :

« Hâte-toi mon fils d’accomplir ta tâche ou mon courroux sera grand. Je te laissa encore quelques heures mais pas plus. Fais-vite ! »

Lorsque la voix fut retombée Nadiron fit volte-face, se détournant bien malgré lui de la splendeur des yeux d’Aïga pour aller s’asseoir sur un rocher.

Quand la jeune fille s’approcha de nouveau il tenait entre ses mains une étrange arme : un arc de pierre où était encochée une flèche de feu.

Le fils du Soleil se leva alors et se tourna vers le disque flamboyant, toujours haut dans le ciel malgré les heures qui s’étaient écoulées : « Écoute moi Père ! Je connais ta colère si je désobéis à tes ordres, elle est grande. Mais tu ignores encore tout de la taille de mon amour et il est plus grand.

Va te cacher mais observe bien le feu de la passion. Regarde; ressens comme il est douloureux d’aimer sans pouvoir toucher ! »

Nadiron, de sa force extraordinaire banda l’arc de pierre et décocha la flèche de feu. Cette dernière, sous le regard admiratif d’Aïga vint se planter dans l’astre qui plongea alors rapidement sous l’horizon , tâchant le ciel de son sang.

 

     La nuit était tombée et Nadiron espérait bien que jamais le jour ne se relèverait. Il était assis au côté d’Aïga et ses yeux noyés dans les siens scintillaient comme deux pépites d’or.

Ils scintillaient de joie pour la première fois mais également pour la dernière fois.

A peine quelques heures plus tard reparut à travers les pics acérés des montagnes la noire étoile :

« Enfants ! Vous avez voulu me défier et vos armes se sont pointées vers moi. Mais sachez qu’une étoile ne meurt que de son plein gré. Subissez ma colère ! »

C’est alors que, surgissant de nulle part, apparurent dans le ciel ensanglanté une centaine de météores, toutes dirigées vers la Terre. La mort s’approchait à la lumière du Soleil, elle s’approchait à pas de géant et bientôt elle pénétrerait dans l’atmosphère même de la planète.

C’est alors que Nadiron comprit que, nue, la beauté est éphémère mais qu’il suffit de la revêtir d’un manteau d’amour et d’un bouclier de dévotion pour qu’elle devienne plus forte.

D’affection Aïga était comblée mais il lui manquait encore une armure. Nadiron, après un dernier regard à sa bien aimée se mit donc à courir très vite, à une vitesse que nul n’imagine, avant de sauter hors de la Terre.

Il se métamorphosa alors en immense rocher avant de se mettre en rotation autour de la planète.

Durant ce temps les météores et les comètes s’étaient rapprochées et, tandis qu’elles s’apprêtaient à bondir sur leur victime, Nadiron les appela et sa voix tonitruante résonna dans tout le Système solaire.

C’est ainsi que le fils du Soleil se sacrifia par amour et que son corps se trouva marqué de centaine de cuisants baisers.

 

     Désormais il n’y avait dans le ciel plus l’ombre d’un danger mais alors que Nadiron brûlait d’envie de retourner auprès de l’élue de son cœur, cela lui fut impossible.

Malgré la force considérable que possédait le fils du Soleil, il avait dû pour se transformer voler la magie de l’Univers et il était désormais condamner à tourner autour de la Terre sous cette unique apparence.

Mais si Nadiron tentait de se réconforter en pensant à la protection permanente qu’il pourrait apporter à la planète; Aïga, elle, pleurait. Elle avait commencé à pleurer dès que Nadiron l’avait quitté, dès qu’elle avait compris que plus jamais elle ne pourrait embrasser ses yeux…

Aïga n’avait jamais connu la tristesse parce qu’elle ignorait ce qu’était le bonheur mais Nadiron avait allumé son cœur et l’avait réchauffé d’une douce chaleur. C’est pourquoi à son départ la douceur s’était dissipée pour laisser place aux cendres brûlantes d’un amour toujours vivant.

Néanmoins la fille de la Terre ne pleura pas simplement quelques minutes ou quelques heures; ses larmes furent versées durant des jours et des nuits tant et si bien que son chagrin la métamorphosa finalement en océan recouvrant presque toute sa planète.

Lorsque Nadiron apprit la nouvelle il voulut immédiatement serrer la jeune fille dans ses bras pour dissiper sa peine et il attira alors à lui les mers et les océans avant de les repousser de nouveau, effrayé qu’il puisse la toucher et lui ôter la vie.

 

     Par la suite une myriade d’êtres vivants naquit des larmes d’Aïga et ils purent jouir à la fois de la tiédeur du Soleil et de la protection de Nadiron bien que ce dernier disparût dès que son père se levait.

Il y a dans l’Univers une infinité de mystères mais le plus important n’est pas celui qui pèse sur son origine ou plane au dessus de son futur. Le plus beau et le plus grand mystère, c’est l’amour qu’il recèle.

 

This entry was posted on Jeudi, septembre 24th, 2009 at 16 h 41 min and is filed under Contes, Récits. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

There is currently one response to “Sy’tème.”

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  1. 1 On octobre 4th, 2009, Julien said:

    Coucou :) très joli, certes comme tu l’as dis, proche de celui de la dernière fois, mais toujours aussi beau.
    J’adore :)

    Bises =)

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